Auteur: Dominique De Mont Saint Pré
Date: 22/06/2007 14:25
D'abord lancer ça: http://galford.free.fr/chansons/chro/02%20-%20Rise.mp3
La porte claqua quand elle donna un coup de pied dedans. Et ça lui sauta au visage. La lumière était aveuglante, pas comme dans son rêve. Une lumière intense et stroboscopique faisait apparaître toutes les demi secondes une foule de plusieurs milliers de personnes se démenant sur une musique un peu trop calme pour le reste du tableau.
Elle savait que c’était impossible, une telle rave devait s’entendre à des kilomètres.
Mais elle avança, son arme à la main. Et la porte se ferma derrière elle comme toujours. Elle ne pouvait qu’avancer. Bientôt elle se retrouva entourée de gens qui la frôlaient comme si elle n’existait pas. Elle dû finalement jouer des coudes pour avancer dans cette foule, son arme toujours à la main. La lumière blanche clignotante donnait une impression de mouvements cassés, comme si tout passait sur pause toutes les secondes.
Arrivée au centre elle tourna sur elle même à la recherche de quelque chose. Et le rythme de la musique augmenta, monta en elle.
Elle la sentit s’emparer d’elle comme le désir l’emportait dans les bras d’une autre femme.
Alors elle fit la seule chose qu’elle pouvait. Comme dans un rêve elle ferma les yeux et laissant la musique s’emparer d’elle, elle se mit à danser. Les bras levés au dessus de sa tête elle se mit à secouer la tête de gauche à droite en rythme.
Bientôt des corps la touchèrent et elle ressentit la même chose que dans son rêve, elle étouffait au milieu de tout se monde semblant se presser sur elle. Mais elle devait continuer, tenir. Encore une fois.
Des mains la frôlèrent comme dans les rave-party où elle se rendait avant mais elle ne les ressentit pas de la même façon.
Elles étaient chaudes. Malsaines. Envahissantes. Et elle se rendit compte qu’elle n’avait plus son arme en main.
Elle ne pu s’arrêter pour autant et la musique l’emporta dans un tourbillon.
La lumière stroboscopique continuait son alternance de blanc et noir, décomposant les mouvements de la foule et donnant au tout une impression de délire.
Ses mains à elle aussi se mirent à frôler d’autres corps et elle se sentit partir dans l’état second qui caractérisait ce genre de soirée.
La transpiration se mit à ruisseler sur son visage, dans son coup. Sa robe lui collait à la peau et des mèches de cheveux vinrent lui coller dans le visage comme lorsqu’elle se réveillait.
Bientôt elle oublia pourquoi elle était là et plus rien ne comptait que danser sans s’arrêter, se frotter aux corps autour d’elle.
Le désir continuait de monter en rythme, nouant d’abord son bas-ventre puis y faisant éclater une chaleur intense, animale.
Ce qui aurait pu finir de l’emporter lui donna un coup de fouet et elle reprit conscience.
Les pupilles écarquillées comme une droguée elle tenta de s’éloigner du centre, trébuchante, pour rejoindre le côté opposé du hangar. La musique ne la lâchait pas, la retenant, modelant le paysage d’êtres humains devant elle pour façonner une échappatoire qui disparaissait l’instant d’après pour la perdre, la garder au centre de ce tourbillon de formes et de bruits qui paralysait ses sens, l’empêchant de penser.
Elle se laissa aller une seconde fois, prise dans le piège, au centre de la toile. La musique coula en elle comme on se glisse dans un bain chaud et elle déconnecta de la réalité encore une fois, plus longtemps.
Bouger, ne pas s’arrêter sous peine de mourir étouffée. Non pas par les corps autour d’elle mais par l’impression insurmontable d’être inutile en cet instant si elle ne suivait pas le mouvement. Et il n’y eu plus d’autre instant. Plus de passé ou d’avenir, juste la musique et la lumière stroboscopique dessinant des silhouettes dans la fumée parcourue par des lasers bleus et verts.
Alors elle se débattit comme tous les autres. Se déchaînant comme un beau diable pour survivre à cet instant. Plus rien d’autre n’importait et ses souvenirs du passé, si précis dans son rêve, s’effacèrent pour ne laisser que l’instant présent. Le piège aussi efficace que simpliste, la laisser se perdre dans son propre inconscient animal.
Il fallu qu’un danseur tomba pour une raison quelconque, la bousculant au passage, pour qu’elle sorte de sa torpeur.
A présent effrayée elle se frayait à coup de genoux et de mains un chemin vers le mur de tôles métalliques, une lueur de folie dans le regard. La porte, la sortie.
Elle y arriva finalement et se retourna, le souffle court et appuyée contre cette dernière pour observer l’entièreté de la pièce. Des centaines d’êtres humains étaient là, à danser. Jamais elle n’avait été aussi emportée par une ambiance et elle se demanda si c’était d’ordre naturel. Ou non.
De la main elle chercha la poignée de porte dans son dos et fini par la trouver.
Elle jeta un dernier coup d’œil à la foule houlante tandis que son cerveau enregistrait inconsciemment les paroles prononcées en boucle par une voix surplombant la salle.
Save your tears
for the day
when our pain is far behind
on your feet
come with me
we are soldiers stand or die
Save your fears
take your place
save them for the judgement day
fast and free
follow me
time to make the sacrifice
we rise or fall
Extrait d'une chronique:
http://www.angemoniaque.com/forum/read.php?f=17&i=3931&t=3931
Pas celle qui m'a donné le plus d'émotion mais celle où jongler entre les textes et les musiques m'a fait vraiment plaisir.
Et, évidemment, la dernière. Ending IV (Cf topic de référencement).
[%sig%]
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